Évaluation de l'Opération Nez rougeÉvaluation de l'Opération Nez rouge

Enquête ISOPUBLIC 2003

Il est important de pouvoir évaluer l'impact de notre action; aussi avons-nous mandaté l'Institut Isopublic afin d'effectuer un sondage et comparé les résultats à ceux de la précédente enquête faite en 1996. Ainsi en janvier 2003, l'Opération Nez Rouge était connue par 86.9% de la population suisse (71.5% en janvier 1996). Il apparaît que le degré de notoriété est relativement plus élevé en Suisse romande où, 96.1% connaissent Nez Rouge (88% en 1996), qu'en Suisse alémanique où ils ne sont "que" 84% (70% en 1996) à en avoir entendu parler. Nez Rouge existe depuis plus longtemps et est mieux implanté en Suisse romande qu'en Suisse alémanique, le message a donc eu davantage l'occasion de passer.

L'objectif de prévention trouve davantage de soutien en 2003 qu'en 1996. Dans les 4 sujets de controverses proposés dans l'enquête à savoir :

  1. "Nez Rouge favorise la consommation excessive d'alcool et ses conséquences fâcheuses" ou "l'Opération Nez Rouge contribue à éviter les retraits de permis et les accidents"
  2. "Nez Rouge favorise les automobilistes sans scrupules et irresponsables" ou "Nez Rouge rend attentif d'une manière sympathique sur le problème de l'incapacité de conduire sous l'influence de l'alcool"
  3. "Cette Opération ne sert pas à grand chose car elle ne dure que deux semaines par année" ou "Cette Opération a pour effet que le reste de l'année les automobilistes fassent en sorte de rentrer par leurs propres moyens en toute sécurité à la maison"
  4. "A la place d'opérations comme Nez Rouge, il serait préférable d'intensifier les actions de la police et les amendes" ou "Les opérations comme Nez Rouge sont importantes car elles sensibilisent les automobilistes à prendre leur propre responsabilité dans le trafic routier".

Les personnes qui adhérent aux affirmations favorable à Nez Rouge augmentent. L'augmentation du soutien à Nez Rouge de 1996 à 2003 est principalement attribuable à la diminution des indécis qui ont rallié les rangs des partisans de Nez Rouge.

En choisissant de ne pas provoquer de sentiment de culpabilité, le concept de Nez Rouge a parfois été qualifié de "flou". Les personnes interrogées mettent cependant en exergue le fait que Nez Rouge contribue activement à la prévention des accidents de la route (92.8% en 2003 contre 84% en 1996). L'hypothèse souvent évoquée selon laquelle Nez Rouge pousserait à la consommation exagérée d'alcool ne trouve pratiquement pas d'écho.

A la question "Pensez-vous une fois faire appel aux services de Nez Rouge ?" 43.2% des interviewés répondent par l'affirmative (36.0% en 1996). Les hommes, les personnes consommant de l'alcool une ou plusieurs fois par semaine et les jeunes sont plus enclins à faire appel aux services de Nez Rouge. Alors qu'en termes de notoriété et de soutien la Suisse romande fait de meilleurs résultats que la Suisse alémanique, le nombre de personnes qui feraient appel à Nez Rouge a bien augmenté de 1996 à 2003 en Suisse alémanique alors qu'il reste stable en Suisse romande.

A mesure que le processus de sensibilisation progresse, la population est censée apprendre à résoudre elle-même, sans l'aide de Nez Rouge, les problèmes de conduite automobile lorsque certaines facultés sont affaiblies. Actuellement, les Romands qui estiment devoir un jour faire appel aux services de Nez Rouge sont moins nombreux que les Suisses alémaniques. Ce résultat pourrait laisser à penser que le message idéal de Nez Rouge gagne du terrain.

Evaluation de la notoriété de l'Opération Nez Rouge de 1996-2003 (Evaluation complète - format PDF)

Enquête de l'IUMSP

L'Institut universitaire de médecine sociale et préventive de Lausanne a été mandaté en 1997 par la Fondation Nez Rouge afin de réaliser une évaluation des effets résiduels de Nez Rouge, en termes qualitatifs. Les auteurs cette étude intitulée "Evaluation des effets induits de l'Opération Nez Rouge" se sont donnés pour tâche de répondre aux deux questions suivantes :

  1. Que reste-t-il comme traces de cette intervention, en dehors des périodes d'Opération ?
  2. En quoi Nez Rouge peut-il être éventuellement à l'origine d'une sensibilisation diffuse au problème de la conduite automobile à risque ?

Les conclusions de l'enquête mettent tout d'abord en évidence le hiatus constaté entre la notoriété - toujours plus large - de Nez Rouge et le peu d'impact sur les comportements qui lui est attribué. En tant que cause directe et explicite attribuée aux modifications de comportements qu'elles rapportent, son efficacité apparaît relativement restreinte dans les régions analysées et sur la période considérée. Seule l'action des chauffeurs bénévoles qui opèrent dans le cadre du programme lui est explicitement liée. Les autres changements observés en matière de consommation d'alcool sont attribués à d'autres causes, telles l'impératif de conserver son emploi ou l'accroissement des interventions de la police.

Les personnes interviewées paraissent en revanche peu conscientes du fait que le modèle Nez Rouge offre une solution à des aspects importants du problème de l'alcool au volant, une solution qui est généralisable, moyennant aménagements, sous la forme du modèle du "chauffeur délégué", en dehors du cadre organisationnel de l'Opération Nez Rouge. Ce modèle du "chauffeur délégué" a certainement préexisté sous forme de comportements épars, réinvention sociale simultanée et indépendante d'une solution qui s'impose par son évidente pertinence. S'il n'est donc pas possible d'en attribuer la genèse aux Opérations Nez Rouge, elles ont certainement contribué à sa diffusion de manière implicite. En proposant un signifiant amusant et attrayant à un modèle de comportement, Nez Rouge rend plus familière et plus positive l'idée qu'il est possible sans déchoir de renoncer à conduire et de se faire véhiculer par un tiers. Pour limités qu'ils soient, les effets de Nez Rouge possèdent un bon pouvoir de pénétration (ou de diffusion). Ils peuvent s'étendre à des secteurs où il n'est pas possible d'expérimenter concrètement le principe et induire une attitude d'attente positive.

Plus largement, Nez Rouge apparaît comme une conséquence des mutations qui interviennent dans le champ de la consommation d'alcool et notamment dans la conjonction de cette dernière avec la conduite de véhicules à moteur. Il constitue l'une des solutions possibles et représente à cet égard la sédimentation d'une tendance préexistante à accepter de confier son véhicule à autrui plutôt que d'accepter les risques liés à la conduite en état de vigilance diminuée.

Compte tenu de la relative importance du dispositif, le développement de Nez Rouge est directement lié à la capacité limitée de mobiliser des chauffeurs bénévoles. Si son extension géograhique est envisageable et même très probable, il y a peu de chances que l'organisation prenne une dimension permanente (supposant alors des moyens financiers à trouver relativement importants de la part des partenaires privés ou des collectivités publiques). En revanche, il y a probablement beaucoup à attendre de campagnes orientées vers la diffusion du modèle du "chauffeur délégué" en s'appuyant sur la mise en évidence des résultats positifs des actions Nez Rouge.

Évaluation statistique préliminaire sur les Effets de "l'Opération Nez Rouge" sur les accidents de la circulation

Monsieur Claude Vaucher
Impasse des chênes 52
1720 Corminboeu
026 475 36 65
vaucher@caramail.com

Résumé

Les Opérations Nez Rouge (ONR) ont une influence sur les accidents de la circulation, c'est ce que tente de démontrer cette pré-étude. En comparant de 1992 à 1998 des régions qui connaissent les ONR et celles qui ne les connaissent pas pendant des périodes données, l'étude montre une différence positive. En clair, les Régions à Opérations Nez Rouge connaissent en règle générale moins d'accidents que les régions "témoins" pendant la période des ONR. A notre connaissance, c'est la première fois qu'une étude montre les effets des Opérations Nez Rouge sur les accidents de la circulation.

La période des ONR, normalement du 11 au 31 décembre, a été restreinte aux périodes où les bénévoles de l'association font beaucoup de transports, soit du 18 au 31 décembre. L'étude évalue les accidents de la circulation pendant la période des Opération Nez Rouge par trois types de d'approches.

  • La première méthode compare globalement les régions qui connaissent l'ONR et les autres pendant cette période. Elle ne montre aucune corrélation décelable. Les facteurs climatiques influencent très certainement beaucoup plus fortement le nombre d'accidents de la route que les ONR. Pour preuve les différences énormes du nombre d'accidents pendant les différentes années dans les régions ONR et les autres.
  • La deuxième méthode prend en considération les périodes où le nombre de transports par les bénévoles des ONR est maximal (les vendredi et samedi ainsi que les 24 et les 31 décembre), en les comparant toujours à des régions non ONR. L'étude montre que les régions Nez Rouge ont généralement moins d'accidents que les autres. Une exception cependant: l'année 1998 montre un inversement (léger) de tendance. Mais, l'année 1998 semble être une année spéciale du fait des conditions climatiques particulière (pluie givrante, routes verglacées ou enneigées) pendant cette période.
  • Enfin, la troisième méthode compare globalement les heures où les Opérations Nez Rouge ont lieu (entre 22h00 et 7h59) et les autres heures appelées non ONR. Globalement entre 1992 et 1998, il y a corrélation, avec, là aussi, une exception: l'année 1995. Cette année-là, de nouvelles régions à forte population (Berne et Bâle) font leur entrée dans les Opérations Nez Rouge. L'année précédente, même s'il n'y a pas eu d'inversion, la différence positive est parmi les plus faible. C'est en 1994 que Zurich a fait son entrée dans les Opérations Nez Rouge. Nous émettons l'idée qu'il faut du temps pour bien installer une ONR et que la première année est celle du "rodage". Les incidences d'une Opération Nez Rouge sur les accidents ne se développeraient qu'après une année au moins.

L'auteur de cette étude ne fait pas partie des Opérations Nez Rouge. Il a accompli cette pré-étude de manière autonome et bénévole.

Septembre 1999. Reproduction de tout ou partie du texte autorisée avec mention de la source uniquement !

Enquête ISOPUBLIC 1996

L'institut d'enquêtes de marché et d'opinion ISOPUBLIC a réalisé un sondage aléatoire en Suisse romande et en Suisse alémanique durant la semaine du 15 au 22 janvier 1996. Environ 660 questionnaires ont été traités sous le thème:

"Degré de notoriété et renommée de l'Opération Nez Rouge 1995 parmi la population suisse. Dans quelle mesure celle-ci est-elle disposée à recourir au service Nez Rouge"

L'enquête d'ISOPUBLIC nous apprend qu'en janvier 1996, l'Opération Nez Rouge était connue par 72% de la population suisse. Il apparaît que le degré de notoriété est relativement plus élevé en Suisse romande (88%) qu'en Suisse alémanique (67%). Cette différence est vraisemblablement due à la fréquence de l'Opération dans les régions concernées. En effet, les ONR existaient depuis plus de 5 ans en Suisse romande alors que les ANR avaient lieu depuis 2 ans seulement en Suisse alémanique au moment de l'enquête.

Le concept Nez Rouge est particulièrement bien connu parmi les groupes de population qui consomment de l'alcool au moins une fois par semaine et qui conduisent régulièrement une voiture. Les personnes concernées par le problème de l'alcool au volant et celles susceptibles de se retrouver personnellement dans la situation de prendre le volant avec certaines facultés affaiblies, sont donc davantage sensibles à l'Opération. Cela signifie que nous touchons efficacement le bon "public cible".

Les personnes interrogées mettent en exergue le fait que Nez Rouge contribue activement à la prévention des accidents de la route (84%). L'hypothèse souvent évoquée selon laquelle Nez Rouge pousserait à la consommation exagérée d'alcool ne trouve pratiquement pas d'écho (7%).

La philosophie Nez Rouge comporte un aspect pragmatique (le service de raccompagnement pour les automobilistes qui ne sont plus à même de conduire), ainsi qu'une composante idéaliste (sensibiliser et responsabiliser la population au problème de la conduite lorsque certaines facultés sont diminuées). Près de la moitié des personnes interrogées perçoivent en premier lieu l'aspect idéaliste. Pour 30% des personnes interrogées, l'aspect pragmatique prime. Les 20% restants sont indécis. L'objectif de prévention trouve davantage de soutien en Suisse romande qu'en Suisse alémanique. Il est possible que ce résultat soit dû à un effet d'assimilation. Les Opérations se déroulent en effet depuis plus longtemps en Suisse romande qu'en Suisse alémanique.

L'alternative qui consisterait à privilégier la répression par des mesures policières ou des amendes au détriment d'actions de prévention telles que Nez Rouge est rejetée par près de 80% des personnes interrogées. Ces personnes confirment que les efforts de Nez Rouge pour améliorer la responsabilité des automobilistes sont judicieux.

Accepter l'action de Nez Rouge n'entraîne pas forcément l'utilisation de ses services. Il existe en effet un groupe important de personnes en Suisse qui, pour diverses raisons, ne sont pas ou pas encore des utilisateurs potentiels du service Nez Rouge.

En outre, à mesure que le processus de sensibilisation progresse, la population est censée apprendre à résoudre elle-même, sans l'aide de Nez Rouge, les problèmes de conduite automobile lorsque certaines facultés sont affaiblies. Actuellement, les Romands qui estiment devoir un jour faire appel aux services de Nez Rouge sont moins nombreux que les Suisses alémaniques. Ce résultat pourrait laisser à penser que le message idéal de Nez Rouge gagne du terrain.

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